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Le terreau d'avancées majeures

Catherine Brun
25/02/2019
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Seule la recherche fondamentale peut amener aux ruptures conceptuelles qui ouvrent la voie à l’innovation.

« Ce n’est pas en améliorant la bougie qu’on a découvert l’électricité, indique Bruno Goud, citant une déclaration attribuée à Niels Bohr, prix Nobel de physique. Nous disposons de multiples exemples d’avancées majeures en cancérologie issues du terreau de la recherche fondamentale ici même, à l’Institut Curie. » Parmi ces avancées : la découverte de gènes de prédisposition à certains cancers (sein, cancers pédiatriques) qui permettent de classifier les tumeurs, d’améliorer le suivi des patients et d’ouvrir la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques ; la découverte de mutations dans des cancers de la vessie qui ont permis de mettre au point des traitements ciblés ; ou encore celle de petites molécules permettant d’augmenter l’efficacité de la radiothérapie. « Cette dernière approche, brevetée, a été à l’origine de la création d’une start-up », souligne-t-il.

Sans oublier l’immunothérapie qui, depuis quelques années, révolutionne la prise en charge des malades atteints de certains cancers : « Elle est issue des travaux très fondamentaux des lauréats du prix Nobel de physiologie et médecine 2018 sur le contrôle de la réponse immunitaire », complète le Pr Karine Tarte, chercheuse immunologiste au CHU de Rennes. La recherche fondamentale est essentielle et nourrit la recherche translationnelle, puis clinique. Mais à son tour, elle se nourrit des résultats de la recherche clinique. C’est ce dialogue qui donne naissance aux approches thérapeutiques innovantes. « En effet, la frontière entre recherche fondamentale et recherche appliquée, qu’on a tendance à opposer, n’est pas si nette sur le terrain », affirme Sonia Garel, chercheuse à l’Institut de Biologie de l’École Normale Supérieure. Pierre Léopold en témoigne également : son arrivée à l’Institut Curie, en 2018, a contribué à orienter ses recherches vers des questionnements plus directement liés au cancer. « Mon modèle d’étude, la drosophile, attire un nouveau profil de jeunes chercheurs, qui y voient l’opportunité d’interroger les mécanismes du cancer dans un système simple. » Un exemple du continuum entre recherche et soins qui fait la force de l’Institut Curie.

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